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À chaque ministre sa réforme. Monsieur Peillon n'échappe pas à la règle. La nabote fut enseignante pendant 30 ans, inutile de dire que c'est un monde qu'elle connaît bien et pour cela elle avancera plusieurs réflexions.

- La première, c'est que nous devons cesser  de considérer les jeunes plus doués manuellement comme étant en situation d'échec scolairement, c'est archi- faux. Ces jeunes sont plus que mal à l'aise dans la scolarité dite normale qui ne leur correspond pas, ils ont droit au respect non au mépris. La nabote a enseigné pendant 30 ans à des jeunes considérés en situation d'échec parce que plus manuels qu'intellectuels. Pour la nabote il y a deux formes d'intelligence: l'intelligence intellectuelle et l'intelligence manuelle, et il  n'y a aucune raison de priviligier l'une plus que l'autre, c'est pourtant ce que nous faisons. Les intellectuels considèrent comme un scandale, de mettre des jeunes en apprentissage dès 15 ans, la nabote n'y est pas opposée du tout, bien au contraire, et s'en explique. 

                        - 1) Ces jeunes n'aspirent qu'à une chose apprendre un métier car ils n'accrochent pas à l'école. Ne pas aimer l'école, c'est leur droit tout de même. Pourquoi vouloir maintenir coûte que coûte un jeune dans le milieu scolaire dit traditionnel alors que celui-ci s'y refuse? Là, oui, nous courons à l'échec assuré.

                                   -2) L'expérience a montré à la nabote qu'un jeune qui apprend le métier qu'il a choisi, est beaucoup plus disposé à suivre les cours y compris l'enseignement général. Le jeune change radicalement de comportement, au grand plaisir de ses parents et de lui-même. C'est formidable d'entendre des parents dire: " depuis qu'il est en LEP ou en CFA, c'est la première fois qu'il se lève heureux d'aller à l'école. Cela vaut réflexion, non? Nous devons cesser de considérer les LEP ou les CFA comme étant des établissements d'un second ordre.

                                    -3) La nabote mettra cependant un bémol à l'apprentissage, dans le sens où les patrons ne jouent pas forcément le jeu. Ceux-ci regardent plus leur intérêt que celui du jeune. Ceci dit, il y a aussi des patrons passionnés qui sont d'excellents formateurs.

                                 -4) L'apprentissage mériterait  donc une autre place que celle qu'on lui accorde aujourd'hui.


-Deuxième réflexion: Le rôle de l'école est de donner une instruction à nos enfants, c'est aux parents de  les éduquer. La politesse, le respect, le savoir-vivre en société sont du ressort des parents et non de l'enseignant. Un enfant ne comprend pas qu'un étranger le reprenne sur ces points alors que ses parents ne lui disent rien. Leurs parents sont des références pour eux pas les enseignants, et quoi de plus normal?

 

-Troisième réflexion: La nabote passionnée de généalogie a retrouvé les cahiers d'école, des lettres de ses arrières- grands-oncles. Elle a été stupéfaite de voir qu'au début du 20ème siècle, les enfants écrivaient presque sans faute d'orthographe, ce qui n'a jamais été le cas de ses élèves durant 30 ans.Ils allaient à l'école jusqu'à 12 /14 ans, passaient leur certificat d'étude et écrivaient un français parfait. Là aussi, il y a matière à réflexion, car nous ne faisons pas des enfants plus hermétiques qu'avant. Les méthodes utilisées étaient probablement plus efficaces que celles utilisées aujourd'hui. La grand-mère de la nabote qui a eu son certificat d'étude à 12 ans écrivait sans faute, elle était effarée de voir l'orthographe des élèves de sa petite fille. Aujourd'hui peu savent calculer mentalement ou calculer un périmètre ou une surface, pourtant cela peut s'avérer bien utile.

 

- Quatrième réflexion: Le métier d'enseignant a été beaucoup déconsidéré, dévalorisé, ceci est fort regrettable. Il y a peu, on a beaucoup parlé du temps de travail des enseignants. On a beaucoup parlé de nos 18 heures de travail. Ne vous y trompez pas, c'est 18 heures devant les élèves, c'est à dire que pour cela il nous a fallu avant de venir devant nos élèves préparer les 18 heures de cours et cela ne se fait pas en deux temps  trois mouvements. Avec cela nous devons corriger les copies de vos enfants, les plus mal lotis sont les professeurs de français. Il nous faut aussi assister aux réunions pédagogiques qui se font en dehors des cours de l'établissement, recevoir les parents, faire les dossiers scolaires etc... tout un travail qui vient s'ajouter aux 18 heures devant les élèves dont personne ne parle. Quand nous recevons des parents c'est en dehors de nos cours, souvent à la disposition du parent, cela ne nous arrange pas forcément mais nous faisons l'effort.

 Aujourd'hui, rien n'est fait pour que les élèves respectent leurs enseignants et pour l'enseignant qui manque de personnalité cela peut  très vite  devenir l'enfer. Nos jeunes savent sur le bout des doigts ce qu'un enseignant ne doit pas faire et en abusent copieusement, mais s'assoient sans vergogne sur leurs devoirs avec la bénédiction de la société.

La nabote

Tag(s) : #La société