La nabote se souviendra longtemps de ses débuts d'enseignante. Elle avait choisi de postuler dans l'enseignement privé en Haute Savoie car c'était la seule solution pour elle, à l'époque, d'obtenir un poste dans la région qu'elle souhaitait.
Le 10 décembre 1979, un appel de la direction diocésaine d'Annecy allait sceller définitivement la vie de la Nabote à la Haute-Savoie, sa région de
prédilection, il était 16 heures. On lui proposait un remplacement en français pour congé de maternité dans un Centre de Formation d'Apprentis, alors que la Nabote est spécialiste
e
n histoire géographie. Mon Dieu, c'était tout ce que la Nabote redoutait, des garçons et en plus peu motivés
scolairement, le début s'annonçait dur dur!!!! Un rendez-vous était fixé à 18 heures avec la directrice de l'établissement, elle lui a indiqué qu'elle commencerait dès le lendemain 8 heures. Pour
cela elle devait se rendre chez la personne qu'elle remplaçait pour que celle-ci lui donne quelques indications. Rendez-vous pris, pour le soir même. La Nabote est revenue avec un texte à
présenter aux élèves pour le lendemain, et des explications très succintes, la collègue étant donné l'heure tardive, ne voulait pas prolonger l'entretien. La Nabote a peu dormi cette nuit-là, et
le lendemain, la journée s'est relativement bien passée, malgré ses craintes. Les jeunes ont été un peu surpris de voir arriver une nabote qu'ils dominaient de la tête et des épaules, néanmoins
ils l'ont très bien accueillie. Dans le premier mois de ce remplacement, les cours de la Nabote ont dû passer à des années lumières au-dessus de la tête de ses élèves. Elle sortait tout
droit de la fac et raisonnait encore comme si elle y était encore. Une collègue religieuse, l'a beaucoup aidée et lui a appris petit à petit le métier. A la fin de l'année scolaire, la Nabote
apprend que la personne qu'elle remplace a obtenu sa mutation dans un établissement plus proche de chez elle et la directrice lui annonce qu'à la rentrée, c'est elle qui aura le poste. Elle
restera dans cet établissement douze années où elle sera très heureuse jusqu'au moment où....
La Nabote a eu beaucoup de chance car elle a débuté par un remplacement comme la plus grande majorité de ses collègues mais à partir de ce remplacement elle a
toujours enseigné sans aucune interruption, ce qui est assez rare.
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