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Vincent Peillon (Education) et George Pau-Langevin (Réussite éducative), le 17 mai 2012 à l'Elysée pour le premier conseil des ministres. 

 

Libé,  aujourd'hui relève le premier couac du gouvernement à propos de la semaine de 5 jours  pour les enfants du primaire.

 

"L'éducation a beau être un chantier prioritaire du nouveau quinquennat, y avait-il urgence à décréter le retour à la semaine de cinq jours à l'école? L'annonce de Vincent Peillon le jour même de sa prise de fonction, a en tout cas provoqué le premier couac du nouveau pouvoir.

L’affaire débute jeudi matin. Invité de la Matinale de France Inter, le tout nouveau ministre de l’Education parle des priorités de son action. Interrogé par un auditeur, il rappelle que François Hollande a promis de revenir sur la semaine de quatre jours, instaurée en 2008 en primaire par Xavier Darcos. Mais il va plus loin. «Nous allons revenir à la semaine de cinq jours», dit-il, «ce n’est pas le plus simple, mais nous le ferons, pour la rentrée 2013».

Sur le fond, ce n’est pas une surprise. Tous les experts en chronobiologie et tous les rapports qui se sont succédé sur le sujet depuis 2008 recommandent d’abandonner cette semaine trop courte, avec des journées trop lourdes qui ne respectent pas le rythme de l’enfant. L'équipe Education du PS a repris ces conclusions. Et tous les candidats à la primaire socialiste prônaient ainsi son abandon.

Le problème est dans la forme de l’annonce. Pendant la campagne présidentielle, François Hollande et son équipe ont clamé qu’ils restaureraient le dialogue social et qu’ils en finiraient avec le mépris affiché par Nicolas Sarkozy à l'égard des «corps intermédiaires». Dans l'éducation notamment, où les syndicats restent relativement puissants, Vincent Peillon et les autres responsables du Pôle se sont engagés à ne rien faire sans consulter les partenaires sociaux.

Entre camarades socialistes, on est  pas très indulgent. Dès jeudi soir, Ségolène Royal explique sur BFM-TV que «la journée d’une passation de pouvoirs, ce n’est pas le moment de faire des annonces». Puis elle fait carrément la leçon à Vincent Peillon: «c’est la démonstration qu’il faut faire très attention dans les annonces gouvernementales et respecter, comme l’a demandé Jean-Marc Ayrault, les démarches de consultation sur des sujets extrêmement sensibles».

Ségolène Royal, qui connaît bien le sujet, fait allusion ici aux multiples résistances sur le terrain: des enseignants pas toujours enthousiastes à revenir travailler une journée, des familles obligées de changer d’organisation, des collectivités locales qui craignent de payer plus pour le transport scolaire, des industriels du tourisme qui ne veulent pas de vacances raccourcies...

Vendredi matin, l’ex-ministre de l'éducation Jack Lang, qui vise le perchoir de l’Assemblée nationale comme Ségolène Royal, s’en mêle et la tacle. «Je comprends mal que Ségolène Royal s'étonne de la confirmation par le nouveau ministre de l’Education d'un engagement pris à plusieurs reprises au cours de la campagne», explique-t-il à l’AFP."


  Vincent Peillon est tellement  assuré que les syndicats enseignants ne rechigneront pas sur sa réforme, qu'il l'a annoncée tout de go. D'ailleurs les syndicats enseignants ne se sont montrés que désapointés et discrets  sur cette annonce intempestive, alors que si  Luc Chatel avait fait cette même déclaration, il  aurait reçu immédiatement une volée de bois vert de la part de ceux-ci.

Vincent Peillon n'a été rappelé à l'ordre que pour la forme. Et si l'on en croit Jack Lang, cette décision n'est une surprise pour personne puisque cet engagement avait été pris à plusieurs reprises durant la campagne présidentielle.

Finalement, cette élection présidentielle a été transformée par le PS en un référendum avec 2 questions posées aux Français:

- Êtes- vous pour ou contre Nicolas Sarkosy?

- Vous acceptez toutes les décisions prises par le gouvernement de François Hollande.


À une époque où l'on privilégie les loisirs, plutôt que le travail, ce retour à une semaine de cinq jours pour les enfants, même si celle-ci leur est plus bénéfique, sera très difficile à mettre en place, n'en doutons pas. Ce cinquième jour risque de voir  un fort absentéïsme des enfants, les parents ne se priveront pas d'un week-end pour envoyer leurs enfants à l'école. Lorsqu'il y a un jour férié soit un mardi ou un jeudi, on peut être assuré qu'un élève sur deux sera présent le lundi ou le vendredi, l'enseignant, lui, sera bien présent, parents et enfants s'arrogeant le pont d'office. La nabote sait de quoi elle parle, elle est enseignante et a pu vérifier cela suffisamment. D'autre part, notre société a beaucoup misé sur le repos et la détente et une multitude de professions se sont développées autour des loisirs, celles-ci aussi vont regimber. Ces professions, ne tiennent pas à ce que les week-ends et les vacances soient raccourcis, car forcément ce sera un manque à gagner pour eux. Que la semaine de cinq jours soit bénéfique  aux enfants, peu leur importe, il ne faut  surtout pas toucher au sacro-saint week-end de leurs parents, ainsi que sur la durée des vacances. Mais qui, a développé cette idée:  Raccourcir le temps de travail pour le partager? qui s'est avérée  être une grosse erreur, cela n'a pas donné plus de travail à ceux qui n'en avait pas. Notre président et son ministre de l'Éducation risquent fort de trouver là quelques fils à retordre.


La Nabote

Tag(s) : #L'actualité au jour le jour